UN PETIT GARÇON ET UNE PETITE FILLE

 Dans La grande ville Il y a tant de maisons, tant de familles, tant de monde, que tous ne peuvent avoir um jardin, La plupart doivent se conteter de quelques pots de fleurs.

Les enfants avaient devant leur fenêtre chacun uma grande caísse de bois remplie de terre, ou Il poussait des herbes potagères pour le ménage, at aussi dans chaque caisse un rosier. Un jour, les parents ont eu l’idée de placer les caisses en travers des gouttières de sorte qu’elles se rejoignaient presque d’une fenêtre à l’autre et formaient un jardin miniature.

L’hiver, ce plaisir-là était fini. Les vitres étaient couvertes de givre, mais alors chaque enfant faisait chauffer sur la poêle une pièce de cuivre et la plaçait un instant sur la vitre gelée. Il se formait un petit trou tout rond à travers lequel épiait à chaque fenêtre un petit oeil très doux, celui du petit garçon d’un côté, celui de la petite fille de l’autre. Lui s’appelait Kay et elle Gerda.

L’été, ils pouvaient d’un bond venir l’un chez l’autre ; l’hiver il fallait d’abord descendre les nombreux étages d’un côté et les remonter ensuite de l’autre. Dehors, la neige tourbillonnait.

– Ce sont les abeilles blanches qui papillonnent, disait la grand-mère.
– Est-ce qu’elles ont aussi une reine ? demanda le petit garçon.
– Mais bien sûr, dit grand-mère.

– Nous avons vu ça bien souvent, ont dit les enfants.

– Est-ce que la Reine des Neiges peut entrer ici ? demanda la petite fille.
– Elle n’a qu’à venir, dit le petit garçon. Je la mettrai sur le poêle brûlant et elle fondra aussitôt.

Le soir, le petit Kay, à moitié deshabillé, était prêt à se coucher. Quelques flocons de neige tombaient lentemant. Ce flocon grandit peu à peu et finit par devenir une dame vêtue du plus fin voile blanc fait de millions de flocons en forme d’étoiles. Elle était belle et gracieuse., mais toute de glace. Le petit garçon a eu  peur et a sauté à bas de la chaise.

Kay et Gerda étaient assis à regarder le livre d’images plein de bêtes et d’oiseaux – l’horloge sonnait cinq heures à la tour de l’église – quand brusquement Kay s’est écrié :
– Aïe, quelque chose m’a piqué au coeur et une poussière m’est entrée dans l’oeil. La petite le prit par le cou, il cligna des yeux, non, on ne voyait rien.
– Je crois que c’est parti, dit-il.
Mais ce n’était pas parti. C’était un des morceaux de ce terrible miroir dont nous avons parlé.

Le lendemain, ils se sont mis à regarder de nouveau dans le livre d’images. Kay n’y a vu que d’affreux magots, des êtres ridicules et mal bâtis, des monstres grotesques.

Deux jours plus tard, Il est venu avec ses gants de fourrure et son traîneau sur le dos. Sur la place, les garçons les plus hardis attachaient souvent leur traîneau à la voiture d’un paysan et se faisaient ainsi traîner un bon bout de chemin. C’était très amusant. Au milieu du jeu ce jour-là est arrivé un grand traîneau peint en blanc dans lequel était assise une personne enveloppée d’un manteau de fourrure blanc avec un bonnet blanc. La personne, faisait un signe amical à Kay comme si elle le connaissait. Chaque fois que Kay voulait détacher son petit traîneau, le personnage le regardait, en lui adressant un de ses signes de tête, et Kay restait tranquille. La neige commençait a tomber à force. le petit garçon ne voyait plus rien devant lui; et  toujours on courait avec plus rapidé.

La peur l’a pris. Les flocons de neige devenaient de plus en plus grands, à la fin on a eu  de véritables maisons blanches ; le grand traîneau a fait un écart puis s’arrêta et la personne qui le conduisait s’est levé, son manteau et son bonnet n’étaient faits que de neige et elle était une dame si grande et si mince, étincelante : la Reine des Neiges.

– Nous en avons fait du chemin, dit-elle.

– As-tu encore froid ? demanda-t-elle en l’embrassant sur le front.
Son baiser était plus glacé que la glace et lui pénétra jusqu’au coeur déjà à demi glacé. Il a cru mourir, un instant seulement, après il se sentit bien, il ne remarquait plus le froid.
«Mon traîneau, n’oublie pas mon traîneau.» C’est la dernière chose dont s’est souvenu le petit garçon.

La Reine des Neiges a encore posé une fois un baiser sur le front de Kay, alors il a sombré dans l’oubli total, il avait oublié Gerda, la grand-mère et tout le monde à la maison.

– Tu n’auras pas d’autre baiser, dit-elle, car tu en mourrais.
Kay la regarda! Qu’elle était belle, il ne pouvait s’imaginer visage plus intelligent, plus charmant, elle ne lui semblait plus du tout de glace comme le jour où il l’avait aperçue de la fenêtre et où elle lui avait fait des signes d’amitié !

Ils ont volé par-dessus les forêts et les océans, les jardins et les pays. Au-dessous d’eux le vent glacé sifflait, les loups hurlaient, la neige étincelait, les corbeaux croassaient, mais tout en haut brillait la lune, si grande et si claire. Au matin, il dormait aux pieds de la Reine des Neiges.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :